Présentation — Cette collection pour keyboard occupe une place majeure dans le Baroque sud-allemand. Composée par johann pachelbel, elle offre un art mesuré et savant où le contrepoint éclaire la ligne mélodique.
Publiée à Nuremberg en 1699 par Cornelis Nicolas Schurtz, l’œuvre rassemble six arias avec variations. Plan tonal : D mineur (6), E mineur (5), F majeur (6), G mineur (6), A mineur (6), F mineur (8).
Instrumentation : orgue ou clavecin, pensée pour un usage domestique et dévotionnel. Dédicaces à Ferdinand Tobias Richter et Dietrich Buxtehude soulignent un réseau pédagogique actif.
Repères pratiques — Numéros de catalogue P.193-198 ; T.211-216. Sept partitions libres, identifiants d’autorité (VIAF, GND, BNF) et un autographe fragmentaire signalé par RISM aident la recherche.
Pour consulter la liste des œuvres et accéder aux ressources, voir la page dédiée. L’article développera contexte, anatomie, focus sur l’Aria sexta, repères d’écoute et discographie.
Contexte, histoire et genèse de l’Hexachordum Apollinis
Paru au tournant des années 1690, ce corpus pour clavier incarne un point d’aboutissement dans la tradition sud-allemande. Johann Pachelbel y rassemble savoir-faire contrapuntique et sens de la modestie artistique.
Position dans l’histoire : l’œuvre se situe sous l’ombre influente de Buxtehude tout en confirmant une voix propre. La dédicace à Dietrich Buxtehude et à tobias richter témoigne d’un réseau de maîtres et d’une stratégie de transmission, notamment pour Wilhelm Hieronymus, le fils du compositeur.
La publication, imprimée à Nuremberg en 1699 par Cornelis Nicolas Schurtz, vise un double usage : pratique d’église et musique de maison. Cette polyvalence impose une écriture adaptable à l’orgue ou au clavecin et favorise l’usage pédagogique.
- Édition : Nuremberg, 1699 — repère utile pour toute page de recherche.
- Caractère : art mesuré, grâce discrète, variations conçues pour l’édification.
- Objectif : transmission d’un art contrapuntique au sein d’un réseau de maîtres.
Pour une notice détaillée et des repères bibliographiques, consultez la notice critique.
Hexachordum Apollinis : le recueil clavier de Pachelbel
Ce cycle présente six arias, chacune conçue comme une part autonome et utile pour l’apprentissage. Les pièces suivent un plan tonal précis et forment un tout cohérent.
- P.193 — Aria + 6 variations, ré minor.
- P.194 — Aria + 5 variations, mi minor.
- P.195 — Aria + 6 variations, fa majeur.
- P.196 — Aria + 6 variations, sol minor.
- P.197 — Aria + 6 variations, la minor.
- P.198 — Aria sexta (Sebaldina) + 8 variations, fa minor.
Principe tonal et logique pédagogique
Les cinq premières pièces progressent de D à A selon un schéma hexachordal. Le dernier numéro revient en fa minor, créant une fermeture rhétorique. Cette architecture sert autant l’enseignement que l’expression.

| Catalogue | Nombre de variations | Mode |
|---|---|---|
| P.193 / T.211 | 6 | Ré minor |
| P.194 / T.212 | 5 | Mi minor |
| P.195 / T.213 | 6 | Fa majeur |
| P.196 / T.214 | 6 | Sol minor |
| P.197 / T.215 | 6 | La minor |
| P.198 / T.216 | 8 | Fa minor (Sebaldina) |
L’Aria sexta, dite Sebaldina, incarne le sommet expressif. Son thème porte une douce mélancolie; les huit variations amplifient la nuance sans recourir à la virtuosité gratuite.
Pour l’interprète, privilégier un phrasé net, une articulation souple et un tempo mesuré permet de faire ressortir le contrepoint et les ornaments. La dédicace à tobias richter a aidé la diffusion de ce corpus au-delà de Nuremberg; pour en entendre des interprétations, consultez une sélection sur disques recommandés.
Partitions, enregistrements et repères d’écoute
Accéder aux partitions publiques facilite l’analyse et guide l’auditeur vers des recordings éclairants.
Scores et accès
Environ sept pages d’édition sont disponibles sur IMSLP. Utilisez la page IMSLP pour télécharger légalement les sources et comparer les éditions.
Consultez aussi les notices d’autorité : VIAF 179865326, GND 300460716 et BNF 13947306j. Le lien RISM signale un autographe fragmentaire utile aux lectures critiques.
Discographie sélective et couleurs instrumentales
Il n’existe pas de part séparée publique ; l’œuvre se présente comme un volume pour clavier.
Organe, clavecin, clavichord : l’orgue apporte une résonance massive; le clavecin, clarté et articulation; le clavichord, intimité et subtilités dynamiques pour les pages en minor et les variations.
| Instrument | Apport sonore | Référence récente |
|---|---|---|
| Orgue | Résonance, poids harmonique | Interprétations historiques (sélection) |
| Clavecin | Définition contrapuntique | Enregistrements sur copies historiques |
| Clavichord | Intimité, nuance | Joris Potvlieghe (2017-2018), prise Blumlein |
Un enregistrement de référence
Le disque clavichord (2017–2018) privilégie la philosophie “less is more”. Chaîne : Neumann TLM170R en Blumlein, préampli Presonus ADL600 à lampes, ruban analogique Studer A80R.
Conseils d’écoute : commencez par l’Aria sexta en F minor, puis retournez à D minor pour suivre la logique hexachordale.
Conclusion
Ce cycle synthétise l’art pédagogique et spirituel du baroque sud-allemand en un parcours tonal serré.
Son intelligence formelle unit enseignement, dévotion et raffinement. La logique D→A, puis l’aboutissement en minor, donne au texte musical une couleur méditative.
L’Aria sexta, dite Sebaldina, joue ici l’épilogue poétique et la signature stylistique. Elle condense nuance et maîtrise contrapuntique.
Pour prolonger l’étude, consultez la page des partitions et les notices VIAF, GND, BNF, ainsi que le signalement RISM.
Interprètes et mélomanes gagneront à comparer orgue, clavecin, clavichord pour saisir les visages multiples et la transmission rendue possible par l’hommage à Buxtehude et Tobias Richter.

