Jean-Baptiste Siméon Chardin, L’enfant au toton , Paris, 1741
La bourgeoisie

Les bourgeois ont pour la plupart des activités commerciales, sont fonctionnaires ou exercent des professions dites aujourd’hui « libérales », comme la médecine ou le droit. Selon le Petit Robert, un bourgeois est à cette époque « une personne qui n’est pas noble, pas prêtre, qui ne travaille pas de ses mains et possède des biens ». La bourgeoisie peut donc se définir comme une classe de l’argent. Certaines familles bourgeoises comptent parmi les plus riches d’Europe, alors que de nombreux nobles sont de plus en plus pauvres.
Contrairement aux nobles, les bourgeois ne sont pas obligés de faire des dépenses excessives pour « tenir leur rang » ; la plupart sont économes et s’habillent simplement. Certains vêtements les distinguent cependant de la classe populaire : les hommes portent des culottes et des bas, une chemise et une perruque, comme les nobles. Ce que l’on appelle « culotte » n’est pas un sous-vêtement, mais un pantalon qui s’arrête en dessous du genou, et nécessite donc de porter des bas. Comme aujourd’hui, les bas sont fragiles et chers, ils ne conviendraient donc pas à des gens qui travaillent aux champs ou sur un chantier, c’est pour cette raison que les gens du peuple leur préfèrent généralement le pantalon, ce qui leur vaudra le nom de « sans culottes » à la Révolution.
Contrairement aux hommes du peuple qui portent une blouse de toile épaisse et de couleur, bourgeois et nobles portent une chemise d’étoffe fine et blanche (de lin ou de coton ; ce dernier, importé d’Amérique, se répand au 18e siècle) nécessitant un entretien compliqué : lavage et repassage. La fonction de la chemise est essentiellement de se distinguer de ceux qui exercent des métiers salissants. Les chemises de l’époque ont des coupes amples et bouffantes, elles descendent jusqu’aux cuisses et sont fendues sur les côtés, ce qui permet de rabattre les deux pans pour couvrir les fesses et le sexe à la manière d’un lange, de remplir la fonction du slip, qui n’existe pas à l’époque, d’où l’expression : « comme cul et chemise ».
Depuis la fin du 17e siècle, les gens qui ont de l’argent ont pris l’habitude de porter des perruques dont les coiffures compliquées changent au gré de la mode. Ces perruques sont faites avec les cheveux de certains pauvres qui les laissent pousser pour les vendre. Il existe aussi des perruques bon marché, faites de fibres végétales et de cheveux récupérés sur de vieilles perruques démodées.
Le vêtement des femmes de la bourgeoisie n’a pas de caractéristique propre, il se situe entre celui de la femme du peuple et celui d’une noble. L’ aspect d’une bourgeoise dépend beaucoup de la richesse de sa famille : les riches bourgeoises ressemblent aux nobles et les plus pauvres aux femmes du peuple.
Alors qu’une grande partie de la classe populaire est encore chaussée de sabots (ce qu’il y a de moins cher et de plus résistant), nobles et bourgeois portent tous des chaussures. Celles des femmes sont souvent en tissu, avec une semelle de cuir et un talon de bois, celles des hommes sont généralement toutes de cuir.

Ce portrait représente un enfant de treize ans issu de la bourgeoisie parisienne. A l’époque, on habillait les jeunes garçons de robes jusque vers leur dixième année ; ils étaient ensuite vêtus exactement comme des adultes. Cet enfant est le fils d’un riche banquier, ses vêtements sont pourtant d’une grande simplicité pour l’époque : ni dentelles, ni broderies, ni couleurs vives.
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