Richesse, ornementation, utilisation ou imitation de matières riches

A cette époque, l’Eglise catholique se sent menacée par une nouvelle forme de christianisme, le protestantisme. Elle fait de gros efforts pour garder ses fidèles. On appelle ce mouvement la contre-réforme.

Au Moyen Age et à la Renaissance, lorsque les gens allaient à l’église, il était fréquent qu’ils ne voient pas la messe. Elle était cachée par une paroi, le jubé. L’époque baroque enlève les jubés, la messe devient un spectacle somptueux qui touche presque tous les sens : l’ouïe par la musique, la vue par la décoration somptueuse et les riches vêtements de soie et de dentelles portés par le prêtre et les servants de messe, l’odorat par l’encens.. La beauté est utilisée comme un encouragement à la foi, elle est censée attirer les gens à l’église. Ils doivent être impressionnés, touchés, plongés dans le ravissement. L’église, qui se veut un miroir du Royaume de Dieu, doit donner une idée de la beauté du paradis pour donner envie aux gens de vivre selon la foi catholique.

La plus frappante illustration de cette richesse des décors d’Eglise est sans doute le baldaquin de St Pierre de Rome. Cette gigantesque construction, haute de près de trente mètres, a été dessinée par Le Bernin, le plus célèbre architecte et sculpteur baroque.

Le chœur de l’église de Rheinau, près de Zurich, quoique beaucoup plus petit, donne la même impression de grandeur et de richesse. Les marbres sont faux, Il s’agit d’un assemblage de bois et de plâtre peint de manière à imiter le marbre. Ce goût de l’illusion est caractéristique du baroque.

Le Bernin, baldaquin de la basilique St Pierre, Rome, 1624-33

Judas Thaddäus Sichelbein, maître-autel de l’église conventuelle de Rheinau, 1720-23
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