Francesco Borromini, église St-Charles-aux-Quattre-Fontaines, Rome, 1664-1667
Courbe, mouvement

Avant l’époque que nous appelons baroque, à la Renaissance (15e et 16e siècles), on appréciait le motif du cercle, qui suggère la perfection, la stabilité. Si l’on trace un cercle sur une surface et qu’on le regarde de côté, il paraît ovale ; lorsqu’on se déplace, cet ovale se transforme. C’est pourquoi l’ovale suggère le mouvement, le devenir. Ce sentiment inquiet des formes continuellement changeantes plait aux artistes baroques, qui font fréquemment usage de cette figure.

Observons maintenant le dessin d’une vague : le haut de la vague est arrondi, il forme une courbe. Cette courbe revient ensuite sur elle même, c’est la contre-courbe. Dans de nombreux décors baroques, surtout à la fin de cette période, courbes et contre-courbes rebondissent partout pour donner l’impression que tout est agité par un souffle, comme lorsque le vent tourmente l’eau pour former les vagues.

Observe la Façade de cette célèbre église de Rome : Sa courbe ne donne-t’-elle pas l’impression qu’elle est en mouvement, comme une voile gonflée par le vent ? Essaye de l’imaginer plate : quelle serait la différence ?
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